Kinshasa, 13–14 mai 2026 – La séance plénière de l’Assemblée provinciale de Kinshasa a mis en lumière les tensions autour de la gestion des projets d’infrastructures dans la capitale. Interpellé par l’honorable Jared Phanzu Babaka, élu de Bandalungwa, le ministre provincial des Infrastructures et Travaux publics, Alain Tshilungu, a dû répondre à une série de préoccupations liées aux routes, au foncier, à l’urbanisme et à l’habitat.

Les députés provinciaux ont relayé les inquiétudes de leurs électeurs concernant la lenteur des chantiers, l’opacité des marchés publics et les démolitions controversées. Jared Phanzu a exprimé son insatisfaction face aux réponses jugées imprécises et a dénoncé l’absence de données vérifiables, de cartographie claire des projets et de transparence dans les financements. Conformément au règlement intérieur, il a transformé sa question orale en interpellation, obligeant le ministre à revenir avec des éléments plus détaillés.

Face aux critiques, Alain Tshilungu a reconnu que le déplacement des câbles électriques, des conduites d’eau et des installations de télécommunications constitue l’un des principaux freins à l’avancement des travaux routiers. « Ces interventions peuvent prendre jusqu’à six mois et bouleversent le calendrier des chantiers », a-t-il expliqué. Pour anticiper ces retards, un cadre permanent de collaboration avec la SNEL et la Régideso est en cours de mise en place afin d’intégrer ces contraintes dès la phase des études techniques.

Le ministre a également pointé l’urbanisation anarchique comme un obstacle majeur. De nombreuses constructions illégales empiètent sur les emprises réservées aux routes et aux caniveaux, aggravant les risques d’inondation. « Nous n’agissons pas contre la population, mais dans son intérêt », a-t-il insisté, justifiant les démolitions opérées par l’exécutif provincial.
Sur le plan technique, Tshilungu a défendu le recours aux chaussées en béton, plus coûteuses à l’installation mais plus durables face aux défaillances du réseau de drainage et d’assainissement. « Le béton est plus résistant et moins exigeant en entretien, même si le confort de circulation reste inférieur à celui de l’asphalte », a-t-il précisé.
Enfin, le ministre a clarifié la question des certificats d’enregistrement, souvent brandis par les occupants lors des démolitions. Selon lui, ce document ne suffit pas à prouver la légalité d’une occupation sans vérification cadastrale et arrêté de désaffectation. Plusieurs habitations démolies avaient été construites sur des emprises publiques, bloquant les voies d’évacuation des eaux vers le fleuve Congo.
Cette interpellation illustre la volonté des députés provinciaux de renforcer leur rôle de contrôle sur l’action gouvernementale. Elle replace au cœur du débat la gouvernance des projets publics, la transparence dans l’exécution des marchés et la nécessité d’un urbanisme ordonné pour accompagner la modernisation de Kinshasa.
Emmanuel ABAYUWE

