Élection à l’Ass Nat : Christelle Vuanga, l’opposante qui bouscule les codes

L’Assemblée nationale congolaise connaît ces dernières temps de profondes secousses. Après les démissions du président Vital Kamerhe et du rapporteur adjoint, l’institution fait face à une recomposition de ses équilibres politiques. C’est dans ce contexte agité que la députée Christelle Vuanga, élue de l’opposition FUNA, a décidé de se porter candidate au poste stratégique de rapporteure adjointe.

À 38 ans, cette femme engagée incarne une nouvelle génération d’élus désireux de bousculer les codes traditionnels de la vie parlementaire. Journaliste de formation à l’UNISIC ex- IFASIC et défenseure des droits de la femme, elle a fait ses armes au sein de la société civile avant de se lancer en politique il y a six ans. Depuis son élection, elle s’est forgée une solide réputation d’opposante déterminée, n’hésitant pas à remettre en cause les orientations du gouvernement sur des sujets clivants comme la peine de mort ou le code de la famille.

En effet, le rôle de rapporteur adjoint, qui consiste à organiser les travaux de l’Assemblée et à superviser l’activité des commissions, revêt une importance capitale dans le fonctionnement de l’institution. Jusqu’ici, ce poste était monopolisé par la majorité présidentielle, offrant à celle-ci un levier d’influence déterminant. L’arrivée d’une opposante à ce niveau stratégique marquerait donc un véritable tournant, fragilisant le contrôle du pouvoir sur les rouages du Parlement.

Une trajectoire militante
Originaire de Kinshasa, la défenseure de la femme a très tôt été sensibilisée aux enjeux de la défense des droits des femmes. Après des études en journalisme, elle a ainsi rejoint une ONG spécialisée dans la lutte contre les violences faites aux femmes. C’est là qu’elle a acquis une première expérience du militantisme et développé un sens aigu de l’engagement politique.

En 2018, elle décide de franchir le pas en se présentant aux élections législatives sous la bannière de la FUNA, un parti d’opposition réformateur. Son programme axé sur la défense des droits des femmes et de la transparence dans la gestion des affaires publiques lui permet d’être élue députée de Kinshasa.

Un symbole de renouveau
Au-delà de son action parlementaire, s’est également illustrée par son engagement associatif, elle a ainsi fondé une académie destinée à former de futures leaders féminines, convaincue que l’accès des femmes aux responsabilités politiques est un levier essentiel pour transformer la société.

Forte de son expérience et de sa légitimité, elle incarne ainsi une figure montante de la scène politique congolaise, susceptible de bousculer les équilibres établis. Son élection au poste convoité de rapporteure adjointe serait un véritable tournant, ouvrant la voie à une reconfiguration des rapports de force au sein du Parlement.

Oscar Kiz

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