Les plaintes des familles de détenus à la Prison centrale de Makala révèlent une réalité choquante : rendre visite à un proche est devenu une épreuve coûteuse et humiliante. Entre paiements imposés et conditions indignes, la compassion semble désormais taxée.
Face à cette situation, l’Honorable Bahati Baseme Emmanuel, élu de Lukunga, a exprimé son indignation dans un entretien exclusif.

Question : Honorable, que vous inspire la situation actuelle des visites à Makala ?
Bahati Baseme Emmanuel : J’ai reçu plusieurs plaintes, et ce que vivent nos concitoyens est une honte nationale. Rendre visite à un proche ne devrait jamais être un calvaire, encore moins une succession d’humiliations et de paiements imposés à chaque pas. Pourtant, à Makala, la dignité des familles est marchandée en petites sommes, transformant l’amour et la compassion en transactions indécentes.
Question : Pouvez-vous préciser ces pratiques dénoncées ?
Bahati Baseme Emmanuel : Quarante mille francs pour quelques minutes de visite, pour un regard, pour un mot… Voilà le prix de l’humanité dans un lieu censé protéger la justice. Des mères, des pères, des épouses, déjà fragilisés par la détention d’un proche, sont contraints de payer pour franchir des barrières artificielles. Cette réalité est inacceptable.
Question : Quelle est votre position en tant que député de Lukunga ?
Bahati Baseme Emmanuel : En tant que député et défenseur du bien-être social, je ne peux rester silencieux devant cette exploitation de la détresse humaine. L’État ne peut fermer les yeux sur ces pratiques qui déshonorent nos institutions. La prison ne doit pas être un marché de la souffrance, mais un lieu où la loi s’applique avec équité et dignité.
Question : Quelles mesures proposez-vous pour mettre fin à ces abus ?
Bahati Baseme Emmanuel : J’appelle les autorités compétentes à mettre fin à ces abus, à restaurer la gratuité et la transparence des visites, et à redonner aux familles le droit fondamental de soutenir leurs proches sans être rançonnées. Car ce combat n’est pas seulement celui des détenus, mais celui de toute une société qui refuse que la compassion soit taxée.

La dénonciation de l’Honorable Bahati Baseme Emmanuel ne se limite pas à un cri d’indignation : elle met en lumière un problème structurel qui interpelle directement l’État et ses institutions. Les pratiques décrites à Makala ne sont pas seulement des abus isolés, elles traduisent une dérive qui fragilise la confiance des citoyens envers la justice et l’administration pénitentiaire.
Au-delà des murs de la prison, c’est l’image même de l’État qui se joue : un État protecteur ou un État prédateur. En rappelant que la compassion ne peut être taxée, l’élu de Lukunga pose une question fondamentale sur la place de l’humanité dans nos institutions.
Si les autorités répondent à cet appel, elles auront contribué à restaurer non seulement la dignité des familles, mais aussi l’honneur de la République. Dans le cas contraire, Makala restera le symbole d’un système où la souffrance se monnaie. Et c’est précisément ce que l’Honorable Bahati Baseme Emmanuel refuse d’accepter.
Par Christian ILUNGA.

