Vital Kamerhe démissionne de la présidence de l’Assemblée nationale : un tournant politique majeur

C’est un après-midi décisif qui vient de s’achever au Palais du Peuple. Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, a officiellement démissionné de ses fonctions, mettant fin à une séquence politique marquée par tensions, pétitions et auditions.

Une démission sous pression

La décision de Kamerhe intervient devant la conférence des présidents alors qu’une plénière cruciale a été convoquée pour examiner le rapport de la commission spéciale chargée d’étudier les pétitions visant cinq membres du bureau, dont lui-même. Accusé de mauvaise gestion financière, de violations du règlement intérieur et de suspension abusive des soins médicaux pour les députés, Kamerhe a tenté de se défendre en plaidant l’instrumentalisation politique de la procédure.

Dans son allocution, lors de la séance plénière d’ouverture de la session en cours, Vital Kamerhe a rappelé son engagement patriotique et sa fidélité à la République, évoquant même sa précédente démission en 2009 dans un contexte de crise avec le Rwanda. « Ma loyauté envers la nation n’a jamais faibli », a-t-il affirmé, demandant pardon à ses collègues pour toute conduite jugée offensante.

Malgré les irrégularités dénoncées par son camp — signatures douteuses, présence d’un faux député parmi les pétitionnaires — la commission a jugé les pétitions recevables. Comme l’on dit: quitte la table quand le respect est déservi. Le président de l’Assemblée nationale est parti, avant même que la vote à bulletin secret organisé en fin d’après-midi pour scellé le sort. Kamerhe quitte le perchoir, laissant derrière lui une institution fracturée et une majorité parlementaire en quête de cohésion.

La démission de Vital Kamerhe ouvre une nouvelle phase d’incertitude politique. Le premier vice-président Isaac Tshilumbayi assure l’intérim, tandis que les regards se tournent vers l’UDPS et le président Félix Tshisekedi, dont le soutien à Kamerhe semble s’être effrité. Les prochaines semaines seront décisives pour la recomposition du bureau et la stabilité de la chambre basse.

Christian ILUNGA

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