RDC–Rwanda : un cadre économique signé à Washington, entre espoir régional et exigence de justice

Le 1er août 2025, à Washington, la République démocratique du Congo et le Rwanda ont signé un document sur les principes du Cadre d’intégration économique régionale (CIER), sous la médiation des États-Unis. Ce geste diplomatique, présenté comme une avancée vers la paix, soulève autant d’espoirs que de vigilances dans une région marquée par des décennies de conflits, de pillages et de méfiance.Le cadre signé prévoit une collaboration dans des secteurs stratégiques : énergie, routes, mines, santé, tourisme, protection de la nature.

L’objectif affiché est clair : favoriser le développement économique et améliorer les conditions de vie dans la région des Grands Lacs.Mais derrière les formules diplomatiques, une question demeure : peut-on bâtir une paix durable sans vérité ni justice ? Car si l’intégration économique est une nécessité, elle ne peut se faire au prix de l’amnésie historique.

Le Rwanda, acteur central des conflits dans l’Est de la RDC, est accusé par plusieurs rapports internationaux – dont le Mapping Report de l’ONU – d’avoir participé à des crimes graves. Le peuple congolais n’a pas oublié. La signature du CIER intervient à la veille du 2 août, Journée nationale du Genocost, consacrée à la mémoire des millions de victimes des guerres d’agression et de l’exploitation brutale des ressources congolaises. Ce calendrier n’est pas anodin. Il rappelle que tout accord de paix doit s’inscrire dans une logique de réparation, de reconnaissance et de souveraineté.

Ce calendrier n’est pas anodin. Il rappelle que tout accord de paix doit s’inscrire dans une logique de réparation, de reconnaissance et de souveraineté.

Un Comité conjoint de surveillance a été mis en place pour suivre la mise en œuvre du CIER et de l’accord de paix du 27 juin.

Les États-Unis, facilitateurs du processus, saluent cette dynamique comme un pas vers la stabilité. Mais la société civile congolaise, elle, appelle à la vigilance citoyenne : pas de paix sans justice, pas de coopération sans équité.L’intégration économique ne doit pas devenir un prétexte pour enterrer les revendications légitimes du peuple congolais. Elle doit être transparente, inclusive et respectueuse de la souveraineté nationale. Le Congo ne peut se reconstruire sur des bases fragiles. Il doit se relever avec mémoire, dignité et exigence de vérité.

Rédaction

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